L’autre soir, je regardais mon temps d’écran hebdo (mauvaise idée, toujours), et je me suis rendu compte que j’avais passé plus de temps à scroller sur des applis de loisirs qu’à dormir. Bon, j’exagère un peu. Mais pas tant que ça. Entre le streaming, les jeux, les applis de rencontres et tout le reste, on est clairement dans une époque où le smartphone est devenu la télécommande de notre vie sociale et de notre temps libre.
Et franchement, quand on regarde les chiffres, on comprend mieux pourquoi certaines catégories explosent pendant que d’autres stagnent. Perso, ce qui m’a marqué cette année, c’est le retour en force des applis de rencontres. On pensait que la hype était retombée depuis 2022-2023, que les gens en avaient marre du swipe à l’infini. Bah non. Un comparatif récent a listé pas moins de 15 applis à tester en 2025, ce qui veut dire que le secteur est toujours en pleine ébullition (et que la concurrence est féroce, parce que caser 15 apps dans un top, ça sous-entend qu’il y en a facilement 40 ou 50 qui existent réellement sur le marché francophone).
Le truc c’est que chaque appli essaie de se différencier avec un angle un peu tordu. T’as les classiques qu’on connaît tous, et puis t’as les niches : les applis pour végétariens, pour amateurs de randonnée, pour gens qui bossent en horaires décalés. Y’en a même une, il paraît, réservée aux propriétaires de chiens. J’invente rien.

Ce qui me fascine, c’est comment ces applis ont réussi à devenir un loisir en soi. Genre les gens swipent le soir sur le canapé comme d’autres regardent Netflix. C’est plus vraiment de la rencontre, c’est du divertissement pur.
D’ailleurs en parlant de Netflix — ou plutôt de Canal+, puisqu’on est en 2026 et que la bataille du streaming a pris un autre tournant — les applis de VOD restent des poids lourds absolus dans nos usages. J’ai vu passer un top 10 des meilleurs films dispos sur Canal+ ce mois-ci, et ça donne clairement envie de rester chez soi le week-end. Le problème (parce qu’il y en a toujours un), c’est qu’on se retrouve à empiler les abonnements : Canal, Netflix, Disney, Prime, plus les trucs de sport, plus l’appli de lecture, plus Spotify… À la fin du mois tu as claqué 80 balles rien qu’en abonnements loisirs sans même t’en rendre compte.
Les jeux vidéo, c’est encore une autre planète. Roblox continue de faire parler de lui, notamment sur les questions de sécurité pour les enfants — plusieurs alertes ont été relayées récemment sur les risques de la plateforme pour les jeunes utilisateurs. Ça soulève une vraie question qu’on avait un peu mise sous le tapis : les applis de loisirs sont pensées pour capter l’attention, pas pour la ménager. Et quand les utilisateurs sont des gamins de 9 ans, ça devient franchement problématique. Je dis pas qu’il faut interdire, hein, je dis juste que la vigilance parentale devrait être un peu plus dans le débat public qu’elle ne l’est actuellement.
Après y’a toute la galaxie des applis « adultes » au sens large : paris sportifs, jeux d’argent, plateformes de divertissement en tout genre. Ce secteur a explosé pendant le Covid et n’est jamais vraiment redescendu. Ceux que ça intéresse peuvent d’ailleurs découvrir Alexander Casino parmi les nombreuses plateformes qui se sont positionnées sur ce créneau ces derniers mois. Le point commun de toutes ces applis, c’est l’ergonomie : les développeurs ont vraiment bossé sur la fluidité, parce qu’ils ont compris que si tu perds l’utilisateur pendant 3 secondes de chargement, il est parti sur autre chose.
Ce qui m’amène à un truc qui me chiffonne un peu depuis quelques temps.
On parle beaucoup des applis, mais on parle peu de ce qui se passe autour. Genre, les vrais lieux de loisirs, physiques, humains. Récemment j’ai lu un truc sur une équipe d’un centre de loisirs en Haute-Vienne qui dénonçait ses conditions de travail à quelques jours des municipales. Et je trouve que c’est un contraste hyper parlant : d’un côté on investit des milliards dans des applis pour occuper les gens à distance, de l’autre les vrais espaces de loisirs, ceux où les enfants apprennent à socialiser en vrai, galèrent avec des budgets rikiki et des animateurs épuisés. Ces grandes plateformes évoluent pourtant dans un contexte de règles fiscales fragmentées à l’échelle européenne, ce qui ne les empêche pas de valoir des milliards en Bourse. Enfin, je veux dire, le mot « loisirs » recouvre deux réalités complètement différentes selon qu’on parle d’une appli qui vaut 3 milliards ou d’un centre associatif de quartier. Ça mérite qu’on y pense.
Bon, je m’égare un peu. Le point c’est que les applis de loisirs occupent une place dingue dans nos vies, et le paysage évolue tellement vite qu’un top des « meilleures applis » fait deux ans sera complètement obsolète. Rien qu’entre janvier et juillet 2026 y’a eu je sais pas combien de nouvelles sorties, de rachats, de plateformes qui ont disparu du jour au lendemain.
Perso, ce que je conseille (mais bon, c’est juste moi), c’est de faire un tri une fois par trimestre. Tu regardes ton temps d’écran par appli, et celles qui te bouffent 10h par semaine sans te procurer un vrai plaisir, tu dégages. Ça paraît évident dit comme ça mais je connais personne qui le fait vraiment.
Enfin si. Moi je le fais. Depuis lundi.